• Livre : « L’ébéniste restaurateur »

    La restauration d’un meuble constitue un savoir faire qui ne s’acquière pas en quelques minutes.
    Il serait même plus raisonnable de parler en années.
    Attaquer un meuble à la ponceuse, le décaper à la soude (ce qui est dangereux et pour le meuble et pour soi-même), réparer des assemblages qui ont pris du jeu avec des clous ou des vis, tout cela s’écarte des bonnes pratiques.
    Encore, si celles-ci sont mises en oeuvre sur un meuble de peu de valeur, les dégâts restent limités, par contre, sur un meuble réellement ancien, du XVIIIe siècle par exemple, ces pratiques risquent de ruiner définitivement l’oeuvre de l’artisan qui avait mis tout son savoir faire dans sa réalisation. La valeur marchande du meuble s’en trouve réduite (parfois à 0).
    Il y a donc des principes qu’il faut connaître et surtout mettre en oeuvre : l’un de ces principes pas toujours respectés, même par des ébénistes de métier (qui n’ont pas nécessairement étudié les techniques de restauration), consiste à travailler de manière réversible : on doit toujours pouvoir revenir en arrière sur la restauration que l’on effectue : cela exclue nombre de produits modernes : colles vynil, vernis polyuréthanes etc.

    L’idéal est de suivre une formation chez un restaurateur de métier. A défaut, il existe pas mal d’ouvrages traitant de la restauration de mobilier; il en existe d’excellent, et de médiocres. Nous ne parlerons évidemment pas de ces derniers.

    Aucun ouvrage n’est exhaustif, et comme nous le verrons, je conseilllerai au cours de ces présentations, l’achat de plusieurs livres.

    Cependant, s’il en est un que l’on se doit de posséder en premier, c’est « L’ébéniste restaurateur » de François Germond. Sauf bien sûr si après la lecture de ces quelques lignes, on persiste à penser que l’outillage principal du restaurateur consiste en une scie égoïne, un marteau de 500 grammes, et une boite de clous.

    En effet, l’ouvrage de François Germond est d’un très bon niveau ; je le cite : « Pour devenir restaurateur, il est indispensable d’avoir une forte expérience en ébénisterie traditionnelle ».

    Ce livre explore les techniques de réparation, de consolidation, de diagnostic. Il traite en profondeur des meubles plaqués, et même de la marqueterie « Boulle » (technique de marqueterie utilisant le laiton et de l’écaille de tortue, mise au point par André-Charles Boulle célèbre ébéniste né en 1642, et décédé en 1732 – inutile de préciser que si vous êtes en possession d’une véritable pièce attribuée à cet ébéniste, il faut immédiatement en informer les  musées nationnaux !).

    Les techniques décrites sont parfaitement dans les règles de l’art (ce sont même pourrait-on dire les règles de l’art); de ce fait elles peuvent paraître compliquées, mais c’est de cette manière que les meubles anciens doivent être restaurés et qu’ils garderont leur valeur. L’exemple le plus connu est celui des ponçages répétés que certains meubles plaqués ont du subir au cours de différentes « restauration », et qui ont provoqué un amincissement des placages, tel que l’on ne peut plus effectuer de réparation : on est à « la perce ».

    La marqueterie, « tu ne ponceras pas » !

    François Germond, décédé prématurément a signé d’autres ouvrages – j’aurai l’occasion d’en parler- Il a collaboré longtemps au journal « Le Bouvet », au moment de son lancement et de sa création (Didier Ternon en était le créateur).

    L’exemplaire dont je dispose était publié par les éditions Armand Colin, cette édition est maintenant épuisée. Depuis, les éditions VIAL ont réédité cet ouvrage.

    Je pense que les illustrations sont de la main de l’auteur, il n’y a pas de photos, mais des dessins remarquables sans doute à la plume (ce nest pas précisé sur mon édition).

    Dans tous les cas, un ouvrage cinq étoiles (sur 5).



     

     


  • Traité d’ébénisterie (Chanson)

    A tout seigneur tout honneur : « Le Chanson », du nom de son auteur Lucien Chanson, professeur à l’école Boulle.

    Cet ouvrage n’est certes pas un ouvrage pour débutants ;  j’aurai l’occasion de revenir sur des ouvrages plus accessibles dans d’autres articles.

    Ce n’est pas également un ouvrage destiné à enseigner les techniques de fabrication et de mise en oeuvre : on n’y parle pas de machines, de montages d’usinage, ou encore de techniques manuelles : il s’agit purement de technologie.

    C’est un ouvrage théorique fournissant toutes les bases de l’ébénisterie dans l’esprit du travail bien fait (vous trouverez cet ouvrage dans toutes les maisons des compagnons du tour de France).
    Un bon niveau de connaissance est indispensable (ou à acquérir; par ex : un niveau BAC professionnel d’ébénisterie ou équivalent).
    Très axé sur le « trait », le Lecteur devra réellement se plonger dans le dessin, la géométrie descriptive (pas très facile cette géométrie), afin de tirer le meilleur de la partie consacrée au dessin.
    Une fois cet effort terminé, quelle joie de pouvoir tracer des queues d’aronde sur une maie à plans inclinés (une trémie), ou de dessiner l’épure de la rencontre de moulures complexes. Par contre, l’ouvrage ne décrira pas la manière de les réaliser.
    La description des ferrures traditionnelles constitue une partie détaillée du livre.
    Une étude académique des styles de mobilier termine de façon magistrale cet ouvrage.

    Un livre que tout professionnel de l’ébénisterie se devrait de posséder, ou encore tout professionnel traitant du mobilier ancien (restaurateur, antiquaire …), et l’amateur averti. Par contre, hormis le fait de posséder un magnifique livre, ce n’est pas un ouvrage utile au bricoleur du dimanche (sans connotation péjorative), qui ne connaît que le marteau et la scie sauteuse comme moyen de réalisation, et le seul style IKEA dans son intérieur.

    Comme toujours, les éditions VIAL sont somptueuses, le prix est bien sûr à la mesure de la qualité.
    Je lui décerne sans réserves 4 étoiles (sur 5 maximum).


  • Au moment de Roland Garros, un petit break s’impose

    mercury_6689 Les prochains stages ne commenceront qu’en août : j’ai dû interrompre mes activités, afin de vaincre définitivement une des plus vilaines maladies que l’on nous ait envoyé sur cette terre.

    Comme je n’aime pas rester à ne rien faire, je me propose pendant ces quelques deux mois d’intermède de présenter quelques livres de ma bibliothèques traitant du travail du bois.

    Cela correspond d’une part à une demande de beaucoup de mes stagiaires, et d’autre part, en tant que partenaire avec amazon.fr, permet si vous achetez l’un de ces ouvrages via ce site, de reverser un modeste pourcentage à ma société l’Atelier des Quatre Chemins.

    A défaut de m’enrichir, cela pourra financer l’entretien du site professionnel et du blog par exemple.


    A bientôt donc pour un premier ouvrage.

    mercury_5977

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