• Livre : Dessin de construction du meuble

    Restons dans les incontournables.

    Cet ouvrage : « Dessin de la construction du meuble », est publié chez Dunod.

    Les auteurs sont tous deux professeurs à l’Ecole Boulle (ou étaient selon leur âge, car mon exemplaire est de 1998).

    Ce sont  : Xavier Hosch, et Jacques Henaut.

    On trouve dans ce livre des notions de dessin industriel appliqué à l’ameublement.

    Puis, élément par élément de mobilier les principes de construction du mobilier. Ces principes sont tout à fait dans l’esprit de l’ébénisterie traditionnelle.

    Tout y est détaillé : les parois, les fonds, les portes les tiroirs etc …

    Pour les personnes qui ont à concevoir du mobilier, cet ouvrage est un « must ».

    Là encore, il ne s’agit pas d’un ouvrage ludique, mais d’un outil sérieux de travail.


    Je lui accorde à nouveau 5 étoiles. Qui plus est, son prix est raisonnable.




  • Livre : « L’ébéniste restaurateur »

    La restauration d’un meuble constitue un savoir faire qui ne s’acquière pas en quelques minutes.
    Il serait même plus raisonnable de parler en années.
    Attaquer un meuble à la ponceuse, le décaper à la soude (ce qui est dangereux et pour le meuble et pour soi-même), réparer des assemblages qui ont pris du jeu avec des clous ou des vis, tout cela s’écarte des bonnes pratiques.
    Encore, si celles-ci sont mises en oeuvre sur un meuble de peu de valeur, les dégâts restent limités, par contre, sur un meuble réellement ancien, du XVIIIe siècle par exemple, ces pratiques risquent de ruiner définitivement l’oeuvre de l’artisan qui avait mis tout son savoir faire dans sa réalisation. La valeur marchande du meuble s’en trouve réduite (parfois à 0).
    Il y a donc des principes qu’il faut connaître et surtout mettre en oeuvre : l’un de ces principes pas toujours respectés, même par des ébénistes de métier (qui n’ont pas nécessairement étudié les techniques de restauration), consiste à travailler de manière réversible : on doit toujours pouvoir revenir en arrière sur la restauration que l’on effectue : cela exclue nombre de produits modernes : colles vynil, vernis polyuréthanes etc.

    L’idéal est de suivre une formation chez un restaurateur de métier. A défaut, il existe pas mal d’ouvrages traitant de la restauration de mobilier; il en existe d’excellent, et de médiocres. Nous ne parlerons évidemment pas de ces derniers.

    Aucun ouvrage n’est exhaustif, et comme nous le verrons, je conseilllerai au cours de ces présentations, l’achat de plusieurs livres.

    Cependant, s’il en est un que l’on se doit de posséder en premier, c’est « L’ébéniste restaurateur » de François Germond. Sauf bien sûr si après la lecture de ces quelques lignes, on persiste à penser que l’outillage principal du restaurateur consiste en une scie égoïne, un marteau de 500 grammes, et une boite de clous.

    En effet, l’ouvrage de François Germond est d’un très bon niveau ; je le cite : « Pour devenir restaurateur, il est indispensable d’avoir une forte expérience en ébénisterie traditionnelle ».

    Ce livre explore les techniques de réparation, de consolidation, de diagnostic. Il traite en profondeur des meubles plaqués, et même de la marqueterie « Boulle » (technique de marqueterie utilisant le laiton et de l’écaille de tortue, mise au point par André-Charles Boulle célèbre ébéniste né en 1642, et décédé en 1732 – inutile de préciser que si vous êtes en possession d’une véritable pièce attribuée à cet ébéniste, il faut immédiatement en informer les  musées nationnaux !).

    Les techniques décrites sont parfaitement dans les règles de l’art (ce sont même pourrait-on dire les règles de l’art); de ce fait elles peuvent paraître compliquées, mais c’est de cette manière que les meubles anciens doivent être restaurés et qu’ils garderont leur valeur. L’exemple le plus connu est celui des ponçages répétés que certains meubles plaqués ont du subir au cours de différentes « restauration », et qui ont provoqué un amincissement des placages, tel que l’on ne peut plus effectuer de réparation : on est à « la perce ».

    La marqueterie, « tu ne ponceras pas » !

    François Germond, décédé prématurément a signé d’autres ouvrages – j’aurai l’occasion d’en parler- Il a collaboré longtemps au journal « Le Bouvet », au moment de son lancement et de sa création (Didier Ternon en était le créateur).

    L’exemplaire dont je dispose était publié par les éditions Armand Colin, cette édition est maintenant épuisée. Depuis, les éditions VIAL ont réédité cet ouvrage.

    Je pense que les illustrations sont de la main de l’auteur, il n’y a pas de photos, mais des dessins remarquables sans doute à la plume (ce nest pas précisé sur mon édition).

    Dans tous les cas, un ouvrage cinq étoiles (sur 5).



     

     


  • Traité d’ébénisterie (Chanson)

    A tout seigneur tout honneur : « Le Chanson », du nom de son auteur Lucien Chanson, professeur à l’école Boulle.

    Cet ouvrage n’est certes pas un ouvrage pour débutants ;  j’aurai l’occasion de revenir sur des ouvrages plus accessibles dans d’autres articles.

    Ce n’est pas également un ouvrage destiné à enseigner les techniques de fabrication et de mise en oeuvre : on n’y parle pas de machines, de montages d’usinage, ou encore de techniques manuelles : il s’agit purement de technologie.

    C’est un ouvrage théorique fournissant toutes les bases de l’ébénisterie dans l’esprit du travail bien fait (vous trouverez cet ouvrage dans toutes les maisons des compagnons du tour de France).
    Un bon niveau de connaissance est indispensable (ou à acquérir; par ex : un niveau BAC professionnel d’ébénisterie ou équivalent).
    Très axé sur le « trait », le Lecteur devra réellement se plonger dans le dessin, la géométrie descriptive (pas très facile cette géométrie), afin de tirer le meilleur de la partie consacrée au dessin.
    Une fois cet effort terminé, quelle joie de pouvoir tracer des queues d’aronde sur une maie à plans inclinés (une trémie), ou de dessiner l’épure de la rencontre de moulures complexes. Par contre, l’ouvrage ne décrira pas la manière de les réaliser.
    La description des ferrures traditionnelles constitue une partie détaillée du livre.
    Une étude académique des styles de mobilier termine de façon magistrale cet ouvrage.

    Un livre que tout professionnel de l’ébénisterie se devrait de posséder, ou encore tout professionnel traitant du mobilier ancien (restaurateur, antiquaire …), et l’amateur averti. Par contre, hormis le fait de posséder un magnifique livre, ce n’est pas un ouvrage utile au bricoleur du dimanche (sans connotation péjorative), qui ne connaît que le marteau et la scie sauteuse comme moyen de réalisation, et le seul style IKEA dans son intérieur.

    Comme toujours, les éditions VIAL sont somptueuses, le prix est bien sûr à la mesure de la qualité.
    Je lui décerne sans réserves 4 étoiles (sur 5 maximum).


  • Stages d’avril : perfectionnement et initiation

     

    Le Mois d’avril a été bien rempli : un stage a même dû être spécialement ajouté au planning initial.

    Comme cela devient maintenant habituel, j’ai eu le plaisir de rencontrer et de faire se rencontrer des personnes d’origine, et d’expérience (dans le domaine du bois) très différentes. Et c’est sans doute ce qui est le plus enrichissant et plaisant.

    Deux mini galleries illustrent le déroulement de ces deux stages :

     

     

     


  • Parlons de finitions du bois : les produits écologiques

     

    pdt-ecolo_101907_2229-800x600_0.jpg

     

    Vaste sujet, que j’ai détaillé dans le hors série Bois +, et qui risque de m’attirer les foudres de certains.

    Précisons en préambule que je suis plus que favorable au développement de produits respectueux de notre environnement.

    Mais…!, et c’est ce que j’ai mis en exergue dans le magazine : aucun encadrement législatif n’entoure cette nouvelle famille de produits de finition « bio ».

    On trouvera donc des produits formulés par des sociétés réellement soucieuses de notre environnement, et des produits libellés « naturels » dont on ignore tout de la composition, ou de leur impact sur l’environnement (avec un bilan complet depuis les matières premières jusqu’à la destruction).

    Ainsi, lorsque l’ont voit des compositions faisant entrer des alkydes de soja, ou des siccatifs (sans plomb précise-t-on, ce qui n’indique pas le substitut utilisé), on peut se demander si pour obtenir un alkyde, nous sommes dans la chimie « douce » (ce qui n’a pas vraiment de signification) , ou encore si le soja est d’origine transgénique ou non ?

     

    D’autres encore profitent simplement de la vague écologique pour prendre des parts sur un marché en croissance.

     

    Pour les cosmétiques, il existe un label : « Cosmébio », qui précise les composés autorisés, leur origine (par ex les OGM ne peuvent pas entrer dans les formulation etc…).

    Je souhaiterai qu’un label identique existe pour les produits de finition.

     

    Il y a bien des normes : NF environnement, Ecolabels …mais celles ci sont d’avantage tournées vers les gros industriels (ne serait-ce que par le coût de leur mise en place et celui de leur maintien), et proposent timidement des améliorations dans les formulations.

    La réglementation européenne quant à elle impose des restrictions en matière de COV (composés organiques et volatils).

    C’est une avancée qui compte, mais trop timorée (lobbying ?).

    Pourtant c’est certainement dans le secteur industriel « traditionnel » qu’il faut agir, et sans tarder, car cela représente la grande majorité des produits sur le marché. Ne parlons pas des peintures et vernis de carrosserie qui se sont toutefois bien améliorés.

    Influencer tout un secteur de l’économie à grande échelle passe par une volonté politique : ce n’est pas parce que nous mettons de l’huile de lin (qui a aussi une empreinte écologique !) sur notre table de salle à manger que nous sauverons la planète – ce geste a malgré tout valeur de symbole, ce qui est déjà important.

     

    Je reviendrai sur ces considérations écologiques, où l’on trouve des avis bien contradictoires. En attendant, la planète se fout bien de nos opinions, et le temps passe.


  • Parlons finitions : le hors série de BOIS +

     

    couverture-bois-plus.jpg  

    J’ai eu le plaisir de participer à l’élaboration du hors série du magazine Bois +, consacré aux finitions.

    Participer est un euphémisme, car cela m’ a pris plusieurs mois, ayant rédigé les articles et pris la plupart des photographies qui figurent dans le magazine.

    Je dois beaucoup dans cette aventure à l’équipe éditoriale qui a lu, relu, corrigé, mis en forme, ajouté des    illustrations. Le tout s’est déroulé dans une bonne ambiance de travail, et dans le souci permanent de  »sortir » un livre original pour nos Lecteurs sur les finitions, livre qui n’a pas vraiment d’équivalent sur le marché français : la plupart des ouvrages sont des traductions.

     

    Le contenu de ce hors série, correspond en partie à celui des stages de finitions qui se déroulent à l’Atelier des quatre Chemins. C’est donc bien un ouvrage ancré dans la réalité : les produits utilisés se trouvent facilement en grande surface de bricolage, ou dans certains magasins spécialisés (dont nous donnons les coordonnées précises). Ce qui n’est évidemment pas le cas des ouvrages traduits qui font parfois référence à des marques américaines, ou étrangères à la communauté européenne.

     

    Au delà des généralités sur la préparation des bois, le ponçage, la mise en teinte, plusieurs articles explorent en détail des finitions professionnelles :

     

    - Le vernis au tampon,

    - Les laques (version simplifiée des laques orientales),

    - Le vieillissement du bois,

    - Les peintures à effet.

     

    Voici par exemple une galerie qui montre les principaux gestes du vernissage au tampon.

     

     

    Je ne peux donc qu’encourager les internautes qui liront cet article à passe en kiosque et à feuilleter ce hors série. Puis bien sûr à l’acquérir, car je pense réellement qu’ils y trouveront une foule d’informations et de tours de main pour un prix très raisonnable.

     

    J’aurai l’occasion de revenir sur certains articles dans d’autres billets.


  • Stage d’initiation à l’ébénisterie Mai 2008

    Quelques photos et commentaires illustrant le déroulement d’un stage d’initiation à l’ébénisterie.

    Au cours de ces stages, il y a toujours des points plus particuliers que les stagiaires souhaitent approfondir.

    Nous avons eu au cours du dernier stage une discussion très intéressante sur le bien-fondé de réaliser un plan avant de se lancer dans l’exécution à proprement parler d’un meuble.

    Il est vrai que la plupart des stagiaires qui viennent en initiation n’ont pas forcément pratiqué le dessin industriel, et se posent des questions sur l’approche à avoir avant de concevoir un meuble.

    Sans faire un exposé fastidieux sur le dessin, il est bon de noter les points suivants :

    • L’usinage sur machine est relativement rapide, et il vaut mieux avoir préparé son travail, et présenter les bois aux bonnes dimensions.
    • On pensera au fait que si l’on n’arrive pas à représenter sur une feuille de papier le résultat auquel on veut aboutir, cela risque de poser des problèmes en face d’une machine tournant à 6000 tours par minute.
    • Enfin, de nombreux usinages comme les mortaises demandent un tracé préalable, tracé qu’il faut avoir anticipé bien sûr.

    La conception commencera en tout premier à définir les cotes hors tout (les dimensions globales) du meuble que l’on veut réaliser, puis à définir la taille des éléments constituant le meuble ( montants, traverses, épaisseurs des panneaux etc…), nous fournissons aux stagiaires un « guide » des dimensions usuelles et quelques notions d’ergonomie (depuis la hauteur d’une chaise ou d’une table, en passant par les dimensions « normalisées » des éléments de cuisine).

    Suivra alors la réalisation d’un plan plus ou moins élaboré, plan qui ne devra pas nécessairement se conformer aux normes du dessin industriel, mais qui devra fournir suffisamment d’informations, pour les réglages des machines, et la réalisation d’une « feuille de débit » listant tous les éléments constitutifs du meuble – cette feuille est pratiquement incontournable à remplir sous peine de se perdre rapidement et d’oublier des parties du meuble – ce qui est fâcheux !

    Idéalement, un plan comporte au minimum, une vue de face, et de coté. On peut représenter certains détails d’assemblage un peu complexes. Idéalement également, la représentation en vraie grandeur apporte un confort à la réalisation, et à la vérification. Un simple contre plaqué peut servir de support pour un dessin réalisé au crayon.

    Le temps passé à la réflexion se rattrape facilement à la réalisation, et il est plus facile de gommer un trait de crayon que de recoller des morceaux de bois, ou de recommencer une pièce – enfin, et ce n’est pas le moindre intérêt, les utilisateurs de machines combinées ne devront plus sans cesse régler et dérégler leur machine pour revenir en arrière sur une opération oubliée.

    Mais où commencent et finissent les mortaises ??

    MortaisageMortaisage

    Le ponçage, et la préparation des panneaux – pas toujours très drôle mais inévitable.

    PonçagePonçage 2

     Raboter avec un rabot bien affûté est toujours un plaisir.

    Rabotage

    Établissement des bois (leur repérage).

    Etablissement

     Collage du meuble, et ballet synchronisé des stagiaires.

    CollageCollage 2

    Et comme toujours, la satisfaction légitime au bout d’une (petite) semaine d’effort, d’obtenir un résultat digne d’un « professionnel » ou presque.

    Meubles terminés


  • L’actualité des stages bois : les finitions

    A l’Atelier des Quatre Chemins, on peut effectuer 3 journées consacrées aux finitions sur bois.

    Ces stages mettent l’accent sur la recherche des teintes : les teintes toutes prêtes dans le commerce ne sont pas toujours satisfaisantes, et bien souvent bien trop vives.

    Mouillage avant ponçageColorant dans baseMise en teinte échantillonEchantillons sur diverses essences

    Cette approche  permet aussi de contre-typer une teinte, afin par exemple d’harmoniser un élément de mobilier dans son contexte.

    Contre typage couleur

    On travaillera également des teintes dites « positives » sur les résineux, en vue de les vieillir.

    Teintes positives

    Sont aussi étudiées différentes techniques de vieillissement : trous de vers, coups, usures etc…

    Vieillissement trous de vers 2Vieillisement coupsPassage bitume JudéeVieillisement trous de vers 1

    Les finitions cérusées : préparation, et ouverture des pores. Ces finitions sont bien adaptées aux essences telles que le chêne, le chataigner, le frêne.

    Brossage avant céruse 2Brossage avant céruse

    Finitions peintes à deux tons avec patine à l’ancienne.

    Préparation deux tonsFinition deux tonsFinitions deux tons 2

    Et bien sûr le « légendaire » vernis au tampon, point d’orgue de ces formations après avoir passé en revue les différentes protections possibles, depuis la simple cire, jusqu’au vernis modernes (polyuréthanes, glycérophtaliques) en passant par la gomme laque pour un ciré méché.

     L’opération de bouche porage à la ponce demande de l’énergie.

    Vernis au tampon bouche porage

    Le vernissage proprement dit, puis l’éclaircissage à l’alcool.

    Vernissage au tampon

    Le vernis au tampon, reste l’une des plus belles finitions de l’ébénisterie, même si la tendance actuelle est d’avantage aux finitons huilées (également au programme), ou mates, plus « naturelles ». Le tampon sera réservé aux meubles de style, aux coffrets précieux. Il est en tout cas incontournable en restauration.

     Un premier vernis presque parfait réalisé par les stagiaires, satisfaits à juste titre d’avoir réussi leur premier vernis au tampon.

    Vernis au tampon fini