• Stages d’avril : perfectionnement et initiation

     

    Le Mois d’avril a été bien rempli : un stage a même dû être spécialement ajouté au planning initial.

    Comme cela devient maintenant habituel, j’ai eu le plaisir de rencontrer et de faire se rencontrer des personnes d’origine, et d’expérience (dans le domaine du bois) très différentes. Et c’est sans doute ce qui est le plus enrichissant et plaisant.

    Deux mini galleries illustrent le déroulement de ces deux stages :

     

     

     


  • Parlons de finitions du bois : les produits écologiques

     

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    Vaste sujet, que j’ai détaillé dans le hors série Bois +, et qui risque de m’attirer les foudres de certains.

    Précisons en préambule que je suis plus que favorable au développement de produits respectueux de notre environnement.

    Mais…!, et c’est ce que j’ai mis en exergue dans le magazine : aucun encadrement législatif n’entoure cette nouvelle famille de produits de finition « bio ».

    On trouvera donc des produits formulés par des sociétés réellement soucieuses de notre environnement, et des produits libellés « naturels » dont on ignore tout de la composition, ou de leur impact sur l’environnement (avec un bilan complet depuis les matières premières jusqu’à la destruction).

    Ainsi, lorsque l’ont voit des compositions faisant entrer des alkydes de soja, ou des siccatifs (sans plomb précise-t-on, ce qui n’indique pas le substitut utilisé), on peut se demander si pour obtenir un alkyde, nous sommes dans la chimie « douce » (ce qui n’a pas vraiment de signification) , ou encore si le soja est d’origine transgénique ou non ?

     

    D’autres encore profitent simplement de la vague écologique pour prendre des parts sur un marché en croissance.

     

    Pour les cosmétiques, il existe un label : « Cosmébio », qui précise les composés autorisés, leur origine (par ex les OGM ne peuvent pas entrer dans les formulation etc…).

    Je souhaiterai qu’un label identique existe pour les produits de finition.

     

    Il y a bien des normes : NF environnement, Ecolabels …mais celles ci sont d’avantage tournées vers les gros industriels (ne serait-ce que par le coût de leur mise en place et celui de leur maintien), et proposent timidement des améliorations dans les formulations.

    La réglementation européenne quant à elle impose des restrictions en matière de COV (composés organiques et volatils).

    C’est une avancée qui compte, mais trop timorée (lobbying ?).

    Pourtant c’est certainement dans le secteur industriel « traditionnel » qu’il faut agir, et sans tarder, car cela représente la grande majorité des produits sur le marché. Ne parlons pas des peintures et vernis de carrosserie qui se sont toutefois bien améliorés.

    Influencer tout un secteur de l’économie à grande échelle passe par une volonté politique : ce n’est pas parce que nous mettons de l’huile de lin (qui a aussi une empreinte écologique !) sur notre table de salle à manger que nous sauverons la planète – ce geste a malgré tout valeur de symbole, ce qui est déjà important.

     

    Je reviendrai sur ces considérations écologiques, où l’on trouve des avis bien contradictoires. En attendant, la planète se fout bien de nos opinions, et le temps passe.


  • Parlons finitions : le hors série de BOIS +

     

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    J’ai eu le plaisir de participer à l’élaboration du hors série du magazine Bois +, consacré aux finitions.

    Participer est un euphémisme, car cela m’ a pris plusieurs mois, ayant rédigé les articles et pris la plupart des photographies qui figurent dans le magazine.

    Je dois beaucoup dans cette aventure à l’équipe éditoriale qui a lu, relu, corrigé, mis en forme, ajouté des    illustrations. Le tout s’est déroulé dans une bonne ambiance de travail, et dans le souci permanent de  »sortir » un livre original pour nos Lecteurs sur les finitions, livre qui n’a pas vraiment d’équivalent sur le marché français : la plupart des ouvrages sont des traductions.

     

    Le contenu de ce hors série, correspond en partie à celui des stages de finitions qui se déroulent à l’Atelier des quatre Chemins. C’est donc bien un ouvrage ancré dans la réalité : les produits utilisés se trouvent facilement en grande surface de bricolage, ou dans certains magasins spécialisés (dont nous donnons les coordonnées précises). Ce qui n’est évidemment pas le cas des ouvrages traduits qui font parfois référence à des marques américaines, ou étrangères à la communauté européenne.

     

    Au delà des généralités sur la préparation des bois, le ponçage, la mise en teinte, plusieurs articles explorent en détail des finitions professionnelles :

     

    - Le vernis au tampon,

    - Les laques (version simplifiée des laques orientales),

    - Le vieillissement du bois,

    - Les peintures à effet.

     

    Voici par exemple une galerie qui montre les principaux gestes du vernissage au tampon.

     

     

    Je ne peux donc qu’encourager les internautes qui liront cet article à passe en kiosque et à feuilleter ce hors série. Puis bien sûr à l’acquérir, car je pense réellement qu’ils y trouveront une foule d’informations et de tours de main pour un prix très raisonnable.

     

    J’aurai l’occasion de revenir sur certains articles dans d’autres billets.


  • Stage d’initiation à l’ébénisterie Mai 2008

    Quelques photos et commentaires illustrant le déroulement d’un stage d’initiation à l’ébénisterie.

    Au cours de ces stages, il y a toujours des points plus particuliers que les stagiaires souhaitent approfondir.

    Nous avons eu au cours du dernier stage une discussion très intéressante sur le bien-fondé de réaliser un plan avant de se lancer dans l’exécution à proprement parler d’un meuble.

    Il est vrai que la plupart des stagiaires qui viennent en initiation n’ont pas forcément pratiqué le dessin industriel, et se posent des questions sur l’approche à avoir avant de concevoir un meuble.

    Sans faire un exposé fastidieux sur le dessin, il est bon de noter les points suivants :

    • L’usinage sur machine est relativement rapide, et il vaut mieux avoir préparé son travail, et présenter les bois aux bonnes dimensions.
    • On pensera au fait que si l’on n’arrive pas à représenter sur une feuille de papier le résultat auquel on veut aboutir, cela risque de poser des problèmes en face d’une machine tournant à 6000 tours par minute.
    • Enfin, de nombreux usinages comme les mortaises demandent un tracé préalable, tracé qu’il faut avoir anticipé bien sûr.

    La conception commencera en tout premier à définir les cotes hors tout (les dimensions globales) du meuble que l’on veut réaliser, puis à définir la taille des éléments constituant le meuble ( montants, traverses, épaisseurs des panneaux etc…), nous fournissons aux stagiaires un « guide » des dimensions usuelles et quelques notions d’ergonomie (depuis la hauteur d’une chaise ou d’une table, en passant par les dimensions « normalisées » des éléments de cuisine).

    Suivra alors la réalisation d’un plan plus ou moins élaboré, plan qui ne devra pas nécessairement se conformer aux normes du dessin industriel, mais qui devra fournir suffisamment d’informations, pour les réglages des machines, et la réalisation d’une « feuille de débit » listant tous les éléments constitutifs du meuble – cette feuille est pratiquement incontournable à remplir sous peine de se perdre rapidement et d’oublier des parties du meuble – ce qui est fâcheux !

    Idéalement, un plan comporte au minimum, une vue de face, et de coté. On peut représenter certains détails d’assemblage un peu complexes. Idéalement également, la représentation en vraie grandeur apporte un confort à la réalisation, et à la vérification. Un simple contre plaqué peut servir de support pour un dessin réalisé au crayon.

    Le temps passé à la réflexion se rattrape facilement à la réalisation, et il est plus facile de gommer un trait de crayon que de recoller des morceaux de bois, ou de recommencer une pièce – enfin, et ce n’est pas le moindre intérêt, les utilisateurs de machines combinées ne devront plus sans cesse régler et dérégler leur machine pour revenir en arrière sur une opération oubliée.

    Mais où commencent et finissent les mortaises ??

    MortaisageMortaisage

    Le ponçage, et la préparation des panneaux – pas toujours très drôle mais inévitable.

    PonçagePonçage 2

     Raboter avec un rabot bien affûté est toujours un plaisir.

    Rabotage

    Établissement des bois (leur repérage).

    Etablissement

     Collage du meuble, et ballet synchronisé des stagiaires.

    CollageCollage 2

    Et comme toujours, la satisfaction légitime au bout d’une (petite) semaine d’effort, d’obtenir un résultat digne d’un « professionnel » ou presque.

    Meubles terminés


  • L’actualité des stages bois : les finitions

    A l’Atelier des Quatre Chemins, on peut effectuer 3 journées consacrées aux finitions sur bois.

    Ces stages mettent l’accent sur la recherche des teintes : les teintes toutes prêtes dans le commerce ne sont pas toujours satisfaisantes, et bien souvent bien trop vives.

    Mouillage avant ponçageColorant dans baseMise en teinte échantillonEchantillons sur diverses essences

    Cette approche  permet aussi de contre-typer une teinte, afin par exemple d’harmoniser un élément de mobilier dans son contexte.

    Contre typage couleur

    On travaillera également des teintes dites « positives » sur les résineux, en vue de les vieillir.

    Teintes positives

    Sont aussi étudiées différentes techniques de vieillissement : trous de vers, coups, usures etc…

    Vieillissement trous de vers 2Vieillisement coupsPassage bitume JudéeVieillisement trous de vers 1

    Les finitions cérusées : préparation, et ouverture des pores. Ces finitions sont bien adaptées aux essences telles que le chêne, le chataigner, le frêne.

    Brossage avant céruse 2Brossage avant céruse

    Finitions peintes à deux tons avec patine à l’ancienne.

    Préparation deux tonsFinition deux tonsFinitions deux tons 2

    Et bien sûr le « légendaire » vernis au tampon, point d’orgue de ces formations après avoir passé en revue les différentes protections possibles, depuis la simple cire, jusqu’au vernis modernes (polyuréthanes, glycérophtaliques) en passant par la gomme laque pour un ciré méché.

     L’opération de bouche porage à la ponce demande de l’énergie.

    Vernis au tampon bouche porage

    Le vernissage proprement dit, puis l’éclaircissage à l’alcool.

    Vernissage au tampon

    Le vernis au tampon, reste l’une des plus belles finitions de l’ébénisterie, même si la tendance actuelle est d’avantage aux finitons huilées (également au programme), ou mates, plus « naturelles ». Le tampon sera réservé aux meubles de style, aux coffrets précieux. Il est en tout cas incontournable en restauration.

     Un premier vernis presque parfait réalisé par les stagiaires, satisfaits à juste titre d’avoir réussi leur premier vernis au tampon.

    Vernis au tampon fini


  • L’actualité des stages bois

    Travail sur toupie 

    En complément du site officiel de l’Atelier des Quatre Chemins, quelques images et suppléments d’information sur les stages consacrés à l’apprentissage de l’ébénisterie.

    Le stage d’initiation

     La plupart des stagiaires que nous recevons en stage d’initiation n’ont jamais travaillé le bois sur machine. C’est pour eux une découverte progressive en toute confiance.

    Onglets à 45 °
    L’électroportatif n’est pas laissé pour compte, comme ces opérations à la défonceuse.

    Travail à la défonceuseTravail à la défonceuse

    Il restera à assembler tous les éléments patiemment tracés et usinés.

    Montage du meuble

    Une finition soignée met le bois en valeur

    Initiation 1Meuble seul

    Enfin la récompense de nombreuses heures de travail : un petit meuble sympathique, et une légitime fierté.

    Initiation 2Meubles terminés

     

    Le stage de perfectionnement

    Dans ce stage, on ira plus loin dans la conception, et le travail à la toupie : on y aborde le travail de pièces chantournées (pièces courbes), et la réalisation d’un tiroir, assemblé à queues d’aronde, connaissances indispensables pour réaliser des meubles d’ébénisterie dans les règles de l’Art.

    Le meuble « école » est un confiturier, qui recevra également une finition au choix du stagiaire.

    Perfectionnement 2Perfectionnement 1

    L’ensemble des techniques étudiées permet d’envisager des projets beaucoup plus ambitieux.

    Perfectionnement 3

     


  • Acajou

    Acajou l’arbreL’acajou est un bois exotique tout à fait particulier, et de toute beauté. Par contre ce que l’on appelle acajou de nos jours n’a pas grand chose à voir avec le véritable acajou que l’on a utilisé tant au XVIII e qu’au XIX e siècle. Il en va de ce bois comme pour les champignons, pourvus qu’ils soient blancs, et petits on les appelle « mousserons ». L’appellation acajou ne devrait,être réservé qu’à une espèce botanique dont le nom savant est : swietenia : du nom du Baron Gérard von Swieten.

    Acajou, le bois

    Les deux espèces les plus utilisées dans l’ébénisterie provenaient des Antilles et de l’Amérique centrale, leurs noms botaniques sont : swietenia mahogani (à rapprocher du mahogany anglais traduit par acajou), et swietenia macrophylla, respectivement nommés en langue courante acajou de cuba, et acajou du honduras, malgré une répartition bien plus vaste que le laissent supposer ces noms.

    Le « vrai cuba » comporte des pigments blanc dans les pores, ce qui permet parfois de le distinguer; ce qui sous plusieurs couches de vernis, n’est pas vraiment évident.

    Les substituts à ces espèces de plus en plus difficiles à se procurer, et souvent interdites d’exportation (c’est le cas à Cuba depuis 1946), proviennent d’Afrique.

    Ces arbres africains sont par abus de language nommés acajou, mais scientifiquement sont connus comme « khaya ».

    Essentiellement khaya ivorensis (« acajou grand bassam »), et khaya grandifolia (« acajou à grande feuilles »).

    Leur qualités esthétiques sont réelles, par contre, d’autres espèces plus grossières sont également appelées à tort acajou : le sipo, et le sapelli (entandrophragma utile, et cylindricum).

    Méfiance donc lorsqu’un marchand de meuble ou un antiquaire parlera d’acajou !!!

    Un livre présentant un panorama assez exhaustif des essences utilisées en ébénisterie : « Les bois d’ébénisterie dans le mobilier français » par Jacqueline Viaux-Locquin.

    Malheureusement, pour identifier des bois inconnus, il faut également disposer d’un autre atlas, car le livre cité ne comporte ni dessins ni photos, ni descriptions destinées à l’identification.


  • Histoire de meubles : le bureau du roi

    Il est curieux de penser qu’aux époques, où l’espérance de vie était bien inférieure à ce que nous connaissons aujourd’hui les compagnons de toutes sortes : menuisiers, charpentiers, ébénistes, tailleurs de pierre, entreprenaient des travaux sans savoir s’ils les termineraient de leur vivant.

    Ainsi le fameux bureau du roi Louis XV, actuellement à Versailles, a été commencé par Jean-François Oeben, en 1760, il ne sera terminé qu’en 1769, par l’un de ses meilleurs ouvriers : Riesener – Oeben étant décédé en 1763. Riesener épousera d’ailleurs sa femme.

    Bureau du roi

    Livres pour retrouver l’ambiance des anciens ateliers d’ébénisterie et l’odeur de la colle forte : Jean Diwo : Les dames du faubourg, Le lit d’acajou, Le génie de la Bastille.

    Meuble et artisanat du XIII e au XVIII e siècle de Claude Bouzin.